Vers une Sauvegarde Numérique du Patrimoine Industriel

Anthony Pamart (2011-2012)
Ce travail de fin d'étude développe une réflexion sur l’application des techniques de numérisation 3Dsur le patrimoine industriel. La conservation de notre héritage industriel s’annonce comme une problématique phare des années à venir, alors que différents phénomènes socioculturels gravitent autour de ces vestiges. D’un côté, on observe une culture de la friche en plein essor bien qu’une nouvelle conscience patrimoniale semble être en cours de définition. De l’autre, une contre-culture émergente exprime des besoins revendiqués par une armée d’explorateurs urbains corollairement aux préceptes de l’archéologie industrielle qui doivent ressurgir.
Au coeur de cette situation complexe, le patrimoine industriel est sous pression et plus que jamais menacé. Cette étude empirique prône simplement le développement de l’application des techniques de conservation digitale sur les legs industriels, alors que ces technologies sont pourtant largement implémentées sur le patrimoine architectural dit « historique » depuis des décennies.
La sauvegarde numérique s’installe d’abord en tant que solution préventive pour atténuer les menaces comme pour compléter les soutiens d’un patrimoine en devenir. Les techniques photogrammétriques expérimentées, la photomodélisation comme la génération de nuages de point par corrélation multistéréo proposent d’amorcer un processus de revalorisation du patrimoine bâti industriel par le biais d’une pratique analytique et vers l’élaboration d’un support de connaissances.
Les 3 cas d’études sélectionnés sont les tours d’extractions des charbonnages du Hasard de Cheratte, le puits Saint-Albert de Ressaix et la tour du Roton de Farciennes. Cet échantillon d’ouvrages d’exception en tant que symbole de la richesse dévoile toute la diversité de l’architecture industrielle. La sélection de ces icônes permet d’inscrire cette recherche dans trois contextes de sauvegarde différents, la menace de démolition, la dérive de la conservation passive et les risques de transformation radicale.
La documentation photogrammétrique ouvre le champ vers une nouvelle ère de sensibilisation pour la sauvegarde effective des oeuvres industrielles. Et, elle esquisse aussi des perspectives d’avenir sur l’exploitation du potentiel de ce patrimoine oublié, afin de les éloigner du mythe de la ruine contemporaine.

L'inventaire en cours des éléments du patrimoine industriel pouvant faire ou ayant déjà fait l'objet d'une empreinte numérique 3D est disponible sur la plateforme http://vsnpi.wordpress.com/

Ce travail a fait l'objet d'un article publié sur sur DNArchi.fr

Exemple d'empreinte numérique de la tour d’extraction du puits n°3 du charbonnage du Hasard à Cheratte, Belgique.


Les images ci-dessous illustrent (dans l'ordre):
- Une fiche signalétique de synthèse
- Une planche d'analyse sémantique sur base d'une acquisition de données par photomodélisation.
- Une empreinte numérique photogrammétrique par nuage de points, générée suivant le protocole d'acquisition TAPEnADe et par le logiciel MicMac.

Promoteur(s) : David Lo Buglio




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